L’avis des experts
Analyse de marchés au 17/02/10
Par Alain-Pierre Belchior, Responsable Marketing UC, Aviva
Alors que la croissance mondiale montre des signes encourageants, les perspectives de reprise dans les pays développés sont encore incertaines.
Focus sur la situation économique mondiale et analyse des marchés de taux et des marchés d’actions…
La croissance mondiale sur de bons rails…
L’amélioration graduelle de la conjoncture se confirme, surtout aux Etats-Unis puisque l’économie américaine a crû de 5,9 % au 4ème trimestre 2009 (en rythme annualisé) et que les indicateurs avancés montrent la poursuite de ce mouvement.
En zone euro, la situation s’améliore également mais de façon beaucoup plus modeste. La croissance s’établit seulement à + 0,1 % au 4ème trimestre (après + 0,4 % au 3ème en rythme non annualisé). En France, la croissance a accéléré sur les 3 derniers mois de 2009 pour atteindre + 0,6 %, niveau légèrement supérieur aux attentes. En 2009, le PIB a reculé de 2,2 %, soit la baisse la plus forte depuis 1945.
… mais les perspectives s’annoncent modestes dans les pays développés
En zone euro (+ 1 % attendu en 2010 et + 1,6 % en 2011, selon le FMI) et, dans une moindre mesure, outre-Atlantique (+ 2,7 % en 2010 et + 2,4 % en 2011) des freins pénaliseront une reprise plus soutenue de l’activité.
Tout d’abord des taux de chômage élevés (autour de 10 %) qui pèseront sur la consommation des ménages et donc sur l’activité. D’autre part, les taux d’utilisation des capacités de production restent à de faibles niveaux. Par ailleurs, la situation de l’immobilier américain s’améliore légèrement, la résolution complète de la crise prendra du temps. Enfin, la hausse de la dette des Etats constituera un frein supplémentaire à la croissance future.
Ainsi, dans les années à venir, la croissance mondiale devrait être tirée par les pays émergents. Les prévisions pour 2010 tablent d’ailleurs sur des niveaux d’activité de l’ordre de + 6 % en 2010 et + 6,3 % en 2011 (source FMI), pour une zone qui représente déjà environ 20 % de l’économie mondiale.
En Chine, notamment, la croissance reste forte (+ 8,7 % en 2009), l’Empire du Milieu étant en passe de supplanter le Japon comme deuxième économie mondiale. Les risques de surchauffe de l’économie chinoise ont pourtant conduit les autorités de Pékin à prendre des mesures de resserrement du crédit. Celles-ci ont suscité une vive inquiétude des marchés d’actions quant à leur impact sur la croissance mondiale.
Des marchés de taux marqués par la prudence
Les banquiers centraux ont annoncé leur intention de laisser leurs taux directeurs à de bas niveaux aussi longtemps que nécessaire. En dépit de ces déclarations rassurantes, les investisseurs s’inquiètent des modalités de sortie de ces politiques.
Par ailleurs, l’élément majeur ayant retenu l’attention des marchés de taux est la dette publique grecque. Le déficit budgétaire grec aurait atteint 12,7 % du PIB en 2009 portant la dette publique à près de 115 % du PIB (source OCDE). En dépit du soutien de l’Union Européenne à la Grèce, l’euro a été attaqué traduisant la première crise politique depuis la création de la zone euro.
Du côté des obligations d’entreprises, l’aversion pour le risque a resurgi dans le sillage des inquiétudes liées à la dette des Etats.
Actions : la fin du scepticisme ?
Après une correction de près de 10 % entre la fin 2009 et le 5 février (point bas pour le CAC 40) – sur fond d’incertitudes liées à la dette des Etats et aux modalités de sortie des politiques monétaires accommodantes – l’indice parisien a rebondi pour s’établir au-dessus des 3 700 points.
Dans ce contexte, le repli des marchés offre des points d’entrée pour l’investisseur désireux de s’exposer aux marchés d’actions sur le long terme.
Toutefois, si un retour sur les actions paraît aujourd’hui avisé, une exposition progressive à ces marchés, en fractionnant ses investissements, nous semble devoir être privilégiée actuellement.

