L’avis des experts
Analyse des marchés financiers au 22/12/2009
Par Alain-Pierre Belchior, Responsable Marketing UC, le 23/12/09
Conjoncture économique
Faits marquants
- L’économie américaine retrouve le chemin de la croissance…
- … et est marquée par une poursuite de l’amélioration du moral des consommateurs et des industriels.
- Le retour de la croissance se confirme également en Europe, mais à un rythme moindre.
Alors qu’un violent repli de la croissance avait été observé fin 2008 aux Etats-Unis, un rebond tout aussi brutal est actuellement à l’œuvre. Après une baisse de 6,4 % au 1er et de 0,7 % au 2ème trimestre, le PIB a cru de 2,8 % au 3ème trimestre 2009 outre-Atlantique (en rythme annualisé). Ce mouvement soudain trouve son origine à la fois dans l’importance du plan de relance de l’Etat fédéral, ainsi que dans la politique monétaire ultra-accommodante de la Réserve fédérale. La totalité des sommes consacrées au plan de relance n’ayant pas été dépensée, un effet positif est attendu sur l’activité en 2010.
Les indicateurs avancés de l’économie américaine permettent d’ailleurs de confirmer cette tendance :
- l'indice de confiance des ménages américains a progressé de 6 points en novembre pour s’établir à 73,4 points, traduisant ainsi l’amélioration notable du moral du consommateur.
- l’ISM manufacturier se maintient au-delà de la barre symbolique des 50 points en novembre (53,6 points), indiquant un haut niveau de confiance des directeurs d’achat quant aux perspectives de l’économie américaine.
Du côté de l’immobilier, la situation s’améliore également, avec un redressement des ventes dans le neuf ainsi que dans l’ancien.
Seul point encore négatif, le chômage a progressé de façon vertigineuse tout au long de 2009 et demeure un frein à la croissance future de l’économie américaine.
La croissance attendue pour les années à venir devrait donc se révéler plus modérée aux Etats-Unis, sous l’effet d’un marché de l’emploi moins porteur et d’un crédit aux entreprises et aux particuliers dont la situation reste très tendue.
En Europe, la croissance du PIB se révèle plus molle qu’aux Etats-Unis (+ 0,4 % au 3ème trimestre (chiffre non annualisé)), en raison de plus grandes rigidités de l’économie ainsi que d’une détérioration du marché de l’emploi. Par ailleurs, si les plans de relance se révèlent moins massifs qu’aux Etats-Unis, ils ont toutefois contribué à redynamiser l’activité au sein de l’Union. En Allemagne, notamment, la croissance du PIB s’établit à + 0,7 % au 3ème trimestre (contre + 0,4 % au 2ème), celle-ci étant tirée par les exportations vers des pays émergents qui bénéficient d’une bonne tenue de leur activité.
Certains pays de l’Union n’ont toutefois pas encore profité de ce mouvement. Le Royaume-Uni et l’Espagne notamment, durement touchés par une crise immobilière de grande ampleur.
Du côté des pays émergents, les analystes prévoient une participation croissante de ces pays à la croissance mondiale. Ils disposent en effet d’un réservoir important de classes moyennes, susceptibles de prendre le relais du consommateur américain ou européen.
Marchés de taux
Obligations privées
Après avoir frôlé les 1200 points, l’aversion pour le risque crédit (cf. graphique) est revenue sur ses niveaux de juillet 2008. Elle se situe actuellement à environ 500 points, soit à des niveaux encore supérieurs à la moyenne de long terme.
En dépit de la très forte progression de cette classe d’actifs en 2009, Aviva Investors France reste positif quant à ses perspectives, et ce même si les performances attendues en 2010 devraient se révéler inférieures à celles observées en 2009.
Obligations d’Etat
Les plans de relance mis en place dans l’ensemble des pays développés ont contribué à faire exploser l’endettement des Etats et favorisé un regain d’incertitudes quant à leur solvabilité. Cette situation constitue une inflexion, le risque présent sur les obligations d’émetteurs privés jusqu’en milieu d’année s’étant progressivement déplacé vers les obligations d’Etat.
Pour Aviva Investors France, il est évident que l’endettement des États est un problème qui doit être résolu. Il faudra néanmoins attendre la fin de la crise pour envisager la mise en place de politiques budgétaires plus restrictives, sous peine de pénaliser le redémarrage en cours.
Pour 2010, deux facteurs négatifs retiendront son attention : les des craintes suscitées par l’endettement des États et la reprise économique qui devrait faire progresser sensiblement les taux longs.
Focus actions
Contexte de marché
Pour les analystes, la croissance des résultats devrait atteindre, en 2010, des niveaux proches des + 30 % environ. L’année 2010 pourrait être le théâtre d’un certain nombre de bonnes surprises, en cas de croissance économique plus dynamique qu’anticipé.
Certes, les sous-valorisations constatées en début d’année 2009 sont aujourd’hui comblées. Pour autant, selon AIF, les marchés d’actions demeurent attrayants et ce pour plusieurs raisons :
- Les taux courts se situent actuellement à des niveaux historiquement bas et vont le rester probablement jusqu’au 2nd semestre 2010. Ainsi, les actions présentent, par défaut, les meilleures perspectives de rentabilité en 2010.
- Les marchés devraient être animés par la reprise des fusions/acquisitions, les valorisations des entreprises cibles restant attrayantes et le coût du crédit étant faible.
Par ailleurs, la volatilité est revenue sur des niveaux proches de ceux enregistrés avant la faillite de Lehman. Cela signifie que les opérateurs ont repris leurs esprits, et ce en dépit des épisodes relatifs aux craintes de défaut de Dubaï ou de la Grèce qui n’ont pas eu d’impact significatif.

